Près d'un mois après le premier vol réussit avec passagers de l'A380 (article), et une semaine après la pubication d'une étude optimiste sur les turbulences dans le sillage de l'appareil, le climat est de nouveau maurose à Toulouse.
Un problème au niveau de l'harmonisation des outils d'ingénieurie et de la coordination entre les équipes allemande et françaises a entrainé de nouveaux retards de dix mois dans les délais de livraison du super-jumbo européen. Les compagnies clientes ont très vite réagit, dont Emirates, la compagnie de lancement du programme, qui a déjà annoncé qu'elle réétudiait ses options.
Ces nouveaux retards ont entrainé peu après leur annonce le 3 octobre dernier, la chute de 10% du titre EADS, la maison mère d'AIRBUS. Suite à la réunion du Conseil d'Administration, le meme jour, Christian Streiff, PDG du constructeur depuis trois mois dévoilait partiellement un plan de réorganisation industriel baptisé "Power 8", dont le but est principalement de remettre à niveau la compétitivité du constructeur européen face à son rival Boeing et combler les 4,8 milliards de pertes qu'accumule le programme A380.
A priori, ce plan ne devrait pas entrainer de plan de licenciement, qui serait mal-venu à quelques mois d'échéances électorales importantes en France, mais devrait toucher les emplois en intérims et en CDI et aider des départs à la retraites. De plus, vue le carnet de commandes bien rempli, les suppressions d'emploi ne devraient pas concerner le secteur de la production. Néanmoins, les sous-traitants se déclarent inquiets quant aux suites économiques et sociales de l'annonce faite par Christian Streiff. Ils seront reçus dans quelques jours par le ministre des transports Dominique Perben pour tenter de trouver des solutions afin de les aider.
Mais AIRBUS n'est pas les seul problème d'EADS actuellement. En effet, le lancement de l’A350 n’est pas encore "acquis" tandis que l’avion militaire A400M n'est pas non plus à l'abri de retards de livraison. D'après son PDG, Airbus compte désormais "une dizaine d’années de retard" sur son concurrent Boeing. L'A380 s’enlise dans ses retards, après un troisième décalage du calendrier de livraison du géant des airs (désormais prévu pour fin 2007), c’est au tour du long courrier A350 et de l’A400 militaire de susciter des interrogations.
Le constructeur européen traverse donc actuellement une zone de turbulence importante, due - peut-etre ? - à une organisation un peu trop compliquée et mal harmonisée, qui devrait etre reprise en main par Christian Streiff avec son nouveau plan "Power 8". Mais parler du "crash" de l'avionneur, comme le font certains de ses détracteurs est probablement exagéré. On ne s'attaque pas à l'égémonie américaine sans y laisser quelques plumes !
- Le Boeing B747-400LCF (Large Cargo Freighter) a décollé le 9 septembre de l'aéroport international de Taïwan et effectué son tout premier vol qui a lancé le programme d'essais de l'appareil. Il peut transporter un volume de marchandises trois fois supérieur à un B747-400F et a été conçu par Boeing pour transporter certains composants du B787 Dreamliner. Une entreprise basée à Taïwan s'est chargé d'effectuer les modifications.
- B737-900ER Le constructeur américain Boeing a annoncé le 5 septembre que le dernier de ses monocouloirs NG (Nouvelle Génération) avait volé pour la première fois le 1er septembre 2006. L'appareil a décollé de l'aéroport de Renton, dans l'Etat de Washington. Ce premier vol marque le début d'un programme d'essais de cinq mois qui vise à obtenir la certification de la FAA (Federal Aviation Administration) et de l'EASA (European Aviation Safety Agency) début 2007.
- La construction du nouvel aéroport de Berlin a commencé. Le premier coup de bêche a été donné le 5 septembre devant de nombreux officiels allemands. L’aéroport international Berlin-Brandenburg devrait ouvrir en 2011 et remplacer le actuel aéroports de Tegel et Tempelhof. Pour les autorités, il devrait permettre à la ville Allemende d'assoire sa position de capitale par rapport aux autres aéroports internationnaux comme Hambourg.
L'édition 2006 du grand show aéronautique américain Air Venture s'est déroulée du 24 au 30 juillet dernier à Oshkosh. Cette édition a rassemblé près de 625000 spectateurs selon l'EAA (-10% par rapport à l'excellente année que fut 2005) et plus de 2300 appareils ont étés présentés lors des shows. Voici une synthèse des principaux projets qui ont étés dévoilés lors du salon. Cliquez sur les logos des
constructeurs pour accéder directement à leur site officiel. - Le constructeur américain Cirrus a dévoilé le dernier-né des jets VLJ. Le Cirrus Jet sera moins rapide que ses concurrents, mais que tout pilote de SR-22 (monomoteur à piston) pourra l'utiliser sans problème. Ce nouvel appareil sera également équipé d'un parachute.
- Cessna a quant à lui présenté son projet d'appareil appartenant à la nouvelle catégorie
américaine des LSA (Light Sport Aircrafts - moins de 600 kg et de 200km/h), motorisé par un Rotax 912S de 100ch et annoncé à un prix de vente inférieur à 100 000€ . Le constructeur a également présenté le Cessna NGP (Next Generation Piston) son nouvel avion quadriplace à pistons, à ailes hautes sans haubans.- Honda a créé la surprise en annoncant la reprise de son projet de VLJ, le HondaJet, qui a la particularité d'avoir ses réacteurs fixé sur l'extrados des ailes. Les problèmes dûs à cette disposition particulière
auraient étés résolus.Alors que l'A380 a effectué le 25 août dernier son premier vol équipé de réacteurs américains Engine Alliance (conçus par General Elctric et Pratt & Witney). Airbus a débuté ses tests avec des passagers réels le 4 septembre avec 1500 salariés du groupe. Le premier vol a donc eu lieu lundi dernier à bord du MSN004 avec 474 volontaires. Sur les 55000 salariés du constructeur, 15000 ont renvoyé le coupon d'inscription qui permettait de participer au tirage au sort. 1500 heureux élus ont été tirés. Ils venaient aussi bien d'Allemagne que de Chine, de France, de Russie...
Mais alors que se déroulait ce premier vol, Airbus a annoncé l'éviction avec effet immédiat de Charles Champion, directeur du programme A380 depuis un an. Il sera remplacé par Mario Heinen, agé de 50 ans, qui était jusqu'alors responsable du programme A320. Toutefois, Charles Champion s'est trouvé une nouvelle place en tant que "conseiller spécial" de Christian Streiff, nouveau patron d'Airbus.





